La fin du voyage

Après une 70e et dernière représentation hier dans les locaux de l’ONF Andina de Bogota, nous terminons aujourd’hui les bagages pour nous envoler ce soir pour Paris puis Avignon. C’est la fin de plus de huit mois de voyage… et on l’espère la première page d’une longue aventure autour de notre spectacle “Georges”.

On repart le coeur chargé de toutes ces rencontres extraordinaires, les yeux pleins des paysages parcourus et tellement heureux d’être tous les 4 pour la suite.

On s’installera à Montpellier dés qu’on aura trouvé un nid dans lequel il y aura toujours de la place pour les gens de passage 🙂

Un immense merci à tous ceux qui nous ont suivit, encouragé, accompagné. Et pour ceux qui nous ont soutenu, les linogravures du voyage sont en cours de préparation… vous serez tenus au courant.

Une conférence, exposition et spectacle du voyage devraient avoir lieu à Marseille en juillet. On l’annoncera sur le blog.

Un grand abrazo à tous.

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Dernière tournée

Quelques images de la dernière tournée avec la fondation WII dans les villages de l’Antioquia: Támesis, Tarso, Taparto, Andes et Jardín. Accompagnés par Charlotte et ses enfants venus nous rejoindre, on a fait 6 représentations et ateliers pour les enfants et les enseignants de cette magnifique région de café. Logés chez les habitants, ça a été l’occasion de discuter des préoccupations locales dans ces villages anciennement occupés par la FARC et aujourd’hui résistants contre les miniers qui menacent d’assécher les montagnes, précieuses retenues d’eau pour toute la région et au delà.
Merci à Juliana et sa maman, à Marcela et sa famille, à Cecilia qui nous ont accompagné, hébergé et chouchouté.

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Tu crois?

Sur la place de Taparto (Antioquia, Colombie), après le spectacle joué à l’école, on boit un verre en jouant aux cartes… 4 fillettes de l’écoles nous approchent, nous regardent jouer, posent des questions. Alors je commence à discuter avec elles. Petit à petit, les miens quittent la table et je me retrouve avec un grand groupe de mômes… les questions fusent. Sur le spectacle puis sur les mots français (Simon et son copain Tristan qui est avec nous leur ont dit que “bonjour” se disait “spinkisou” en français ). Suivent les prénoms : les équivalences : Juan=Jean, Marcela=Marcelle, etc… ça rigole sec… alors vient Santiago. Je leur réponds qu’il me semble que c’est Saint Jacques (San Tiago) et je précise “celui de l’Eglise.”
Alors, l’un d’eux me demande: “est ce que tu crois?”
Avant de répondre, je renvois la question : est ce que vous croyez?
En cœur : “oui, bien sûr, moi je suis catholique, moi, témoin de Jehova, moi évangéliste,…” puis quelques voix s’élèvent pour dénoncer: “lui, il ne croit pas”… éclats de rires.
“Lui” rougit, se défend, se justifie. “N’importe quoi… bien sûr que je crois” le calme revient… et de nouveau, s’adressant à moi: “est ce que tu crois ?”
“Non, je ne crois pas”.
“Oooooooh”
“J’ai cru pendant des années parce que c’est ce qu’on m’enseignait. Ensuite j’ai réalisé que je ne croyais pas. On est libre non ?” 

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Carmen Lucia

Dans sa grande robe bleue, Carmen Lucia m’a attrapée par la main: « Viens voir ce qu’il y a dans ma classe »…
Plus de vingt ans qu’elle travaille avec des tous petits dans la belle école de Tarso (Antioquia, Colombie). Je n’aurais pas tant détesté l’école si j’avais eu une maîtresse douce comme celle là : une Joan Baez sautillante.
Dans sa classe lumineuse aux fenêtres sans vitres (uniquement des barreaux) et aux murs colorés, Carmen m’a dirigée vers la bibliothèque. Là, lové dans une case, sur des cubes en bois condamnés pour un temps, il y avait un nid.
Alors Carmen m’a raconté la larme à l’œil comment une semaine de vacances avait laissé le champ libre au couple de passereau… pas découragé ensuite par le retour des enfants pour couver ses deux œufs et loin de se douter que grâce à cette illustration vivante, consolidée ensuite par les explications de Carmen, la vie des oiseaux n’aurait plus de secret pour les mouflets. Quand les oiseaux chantaient, la classe faisait silence pour écouter… quand la classe chantait, les oiseaux écoutaient… et, après s’être longuement entraîné au vol entre la collection de poupées et la fenêtre, quand le deuxième oisillons a filé à travers les barreaux, les enfants ont applaudi à tout rompre, ivres de bonheur.
« ouais mais tout le monde n’a pas la chance d’avoir des oiseaux qui viennent nicher dans sa classe »… me direz-vous peut être.
Moi, je crois que Carmen Lucia ferait de la magie dans n’importe quel cadre, avec n’importe quoi.

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Suite de la tournée dans la région de Bogotá (Páramo)

Représentations à Gachala puis Gama, deux autres villages au delà du Páramo. Encore des moments en or avec Liza, Ruth, Ivan… et avec un public enthousiaste.

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Début de la tournée en Colombie avec la fondation WII.

Accompagnés par Liza, adorable marionnettiste-naturaliste: première représentation à Gacheta village de la région de Bogota devant 120 enfants… Un moment de bonheur largement prolongé après le spectacle dans les classes et la cour de récréation.

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Colombie: de Popayan à Bogota en passant par Cartagena: 3 semaines de vadrouille en famille.

Il y a toujours cette frontière dite entre l’enfance et l’âge adulte. Et pourtant à aucun moment je n’ai souvenir d’un passage. La majorité, le permis peut être. N’empêche qu’à 40 ans passés, je reste “la biquette” de ma mère et le bonheur de me blottir dans ses bras tendres reste intact.
Trois semaines avec eux à se taper le cul sur les routes de Colombie et à s’émerveiller des villes et villages de ce pays attachant: un cadeau dont j’ai savouré la valeur (sans parler du fromage et autres douceurs françaises soigneusement calés dans leurs valises pour notre régal). Gratitude…

Photos de Ghislaine Chevrant-Breton (ma mère).

 

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Un texte écrit en Equateur dans l’entre deux tours des élections (françaises).

Hier, voyant une dame qui travaillait à sa table, j’ai poussé la porte d’une petite bijouterie pour regarder de plus près. On a commencé à échanger sur nos boulots respectifs : la matière, les couleurs, le plaisir de façonner. Et puis, quand la question de la France est venue, j’ai été impressionnée par la connaissance que cette personne avait de notre paysage politique sans avoir jamais mis les pieds chez nous… Elle semblait en connaître un rayon et avoir une analyse approfondie de la situation européenne… jusqu’à la conclusion ahurissante :”il y a trop d’immigrés en Europe et la majorité sont musulmans. Quand on sait que les européens ne font pas d’enfants et que les musulmans en font des tas, on comprend que l’Europe sera bientôt musulmane et que le reste du monde suivra.”
Comment, mais comment peut on avoir et véhiculer des peurs pareilles en étant si peu concerné par l’immigration (en dehors de celle qui a fait ce continent et cette dame mais ça …) et en étant si menacé au quotidien par d’autres dangers réels ceux-ci : malbouffe, oubli des racines, américanisation (du Nord), risques naturels (vues les inondations du Nord Pérou, Simon en pleurait de terreur)… pourquoi reporter ces peurs sur la haine des autres et s’inventer alors de nouvelles raisons d’avoir peur ?
Au bout de 7 mois de voyage, je m’endors et me réveille angoissée et le tube digestif en feu.
Non, je ne regrette surtout pas ce départ et oui, il est aussi et surtout fait de magnifiques rencontres et d’un accueil du public pour Georges totalement inespéré.
Mais pour ce qui est du voyage, en dehors de la Patagonie et de Machu Picchu, nous aurons surtout vu l’envers du décors… celui qu’on ne vous montre surtout pas quand vous allez de points touristiques en points touristiques… tous ces déserts miniers ou pétroliers et leurs cimetières abandonnés et éventrés, ces forêts saccagées, ces usines fumantes, ces villes aux fondations inca cernées d’interminables banlieues en éternel chantier, ces magasins « tout made in China pour le vrai quotidien » partout ces centres commerciaux monstrueux copiés sur ceux des Etats Unis. Tout ce que les touristes ne font que survoler en avion pour aller d’un marché authentiquement sud américain à l’autre… et des frites et de la viande et des hamburgers, et des hot dog et du sucre, des montagnes de sucre et d’huile de palme… Manger des légumes à un prix abordable sans cuisine n’est pas possible.
On est loin de l’image d’Epinal… et même dans le plus local des marchés vu sur les plateaux andins du Pérou, les gens n’achètent plus, panier au bras, les somptueuses tapisseries tissées à la main avec de la laine de lama filée au village ni des pantoufles en cuir de biquette (les touristes sont là pour ça). Non… dans des sacs plastiques ils achètent comme tout le monde du gros plastique et des chaussettes par paquets de 12 estampillées Chine… Sur les 21000 kms de route que nous aurons parcouru, il serait intéressant de savoir combien de tonnes de déchets nous avons longé.
Je comprends qu’il soit difficile d’imaginer ça, de l’intégrer. Mais c’est la réalité, bien maquillée pour les touristes sous un folklore agonisant.
Mais vu de France, d’un appartement ou d’une maison dans laquelle il ne manque rien d’essentiel : eau courante (et chaude en plus) et cuisine équipée, je comprend qu’on ne puisse pas s’en faire une idée précise et accepter (malgré les appels de certains) de ne pas prendre en compte l’écologie en pensant que ce confort est immuable tant que le pouvoir d’achat reste le même.
La terre agonise. En vrai, la terre agonise.
Et pour la première fois de ma vie hier soir je me suis dit que c’était bien d’être mortelle.

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Georges dans le noir

A Loja, les plombs du théâtre ont cramé à la première scène de notre représentation, nous plongeant dans le noir complet. Pas démonté, le public a illuminé la salle, bras en l’air… la belle technologie. Pas une plainte, aucune réclamation: Éclats de rire et applaudissements nous ont accompagnés de bout en bout. Je me sentais comme dans une grande cabane…
Tous
Sous la tente
Autour d’une histoire
Avec nos lampes de poche
Dans une intimité extraordinaire…
… et soudain le voyage me renvoie au cœur de mon enfance…

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Georges dans les Alliances d’Equateur

Cuenca, Loja, Guayaquil et Quito: représentations, ateliers fabrication de marionnettes, conférences sur la biodiversité extraordinaires. A Cuenca, Georges a rencontré les Miss Ecuador, à Loja il a perdu son bras sur scène et fait sa première représentation dans le noir, à Guayaquil il a rencontré “el precioso perezoso”, à Quito il a échangé avec les très chouettes membres de l’UNIMA (Union Internationale de la Marionnette)…

Dépaysement complet d’un bout à l’autre de ce pays attachant: la belle ville de Cuenca, la fourmilière de Guayaquil, passage par le village communautaire de Sarraguro, phoques de la pointe de l’Equateur, plages du Nord de Guayaquil centre historique de Quito…

Ateliers fabrication de marionnettes:

Conférence et exposition sur la biodiversité extraordinaire:

 

Présentation de mon travail aux membres de l’UNIMA de Quito avec l’appui de Simon et de mon site internet (aureliamoynot.com):

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