Carmen Lucia

Dans sa grande robe bleue, Carmen Lucia m’a attrapée par la main: « Viens voir ce qu’il y a dans ma classe »…
Plus de vingt ans qu’elle travaille avec des tous petits dans la belle école de Tarso (Antioquia, Colombie). Je n’aurais pas tant détesté l’école si j’avais eu une maîtresse douce comme celle là : une Joan Baez sautillante.
Dans sa classe lumineuse aux fenêtres sans vitres (uniquement des barreaux) et aux murs colorés, Carmen m’a dirigée vers la bibliothèque. Là, lové dans une case, sur des cubes en bois condamnés pour un temps, il y avait un nid.
Alors Carmen m’a raconté la larme à l’œil comment une semaine de vacances avait laissé le champ libre au couple de passereau… pas découragé ensuite par le retour des enfants pour couver ses deux œufs et loin de se douter que grâce à cette illustration vivante, consolidée ensuite par les explications de Carmen, la vie des oiseaux n’aurait plus de secret pour les mouflets. Quand les oiseaux chantaient, la classe faisait silence pour écouter… quand la classe chantait, les oiseaux écoutaient… et, après s’être longuement entraîné au vol entre la collection de poupées et la fenêtre, quand le deuxième oisillons a filé à travers les barreaux, les enfants ont applaudi à tout rompre, ivres de bonheur.
« ouais mais tout le monde n’a pas la chance d’avoir des oiseaux qui viennent nicher dans sa classe »… me direz-vous peut être.
Moi, je crois que Carmen Lucia ferait de la magie dans n’importe quel cadre, avec n’importe quoi.

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